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Adapei des Hautes-Pyrénées
Adapei des Hautes-Pyrénées

Zoom professionnel Sidoine PERI

Zoom professionnel Sidoine PERI

Rencontre avec Sidoine PERI
Ergothérapeute

> Bonjour, d’où êtes-vous originaire et quel a été votre parcours avant d’arriver à l’Adapei ?
Je suis originaire de Toulouse. Après le bac je suis parti faire 3 ans d’études d’ergothérapie à Bruxelles en Belgique. J’y ai travaillé un an avant de venir m’installer dans les Hautes-Pyrénées d’où sont originaires mes parents.

> En quoi consiste le métier d’ergothérapeute à l’Adapei et quel est votre quotidien ?
La base du métier est d’analyser l’environnement physique et social de la personne. Quand il y a un handicap, l’ergothérapeute cherche des solutions qui agissent sur ces deux environnements pour que la personne puisse se débrouiller seule.
En fonction du profil de poste, on va se spécialiser pour amener des solutions matérielles et apprendre aux personnes accompagnées à se servir des équipements spécifiques. Nous intervenons également auprès des professionnels dans l’utilisation du matériel pour les aider à mieux accompagner la personne au quotidien.
A l’Adapei, j’interviens majoritairement dans les établissements pour apporter une expertise dans le matériel spécifique. Je viens conseiller et faire une évaluation des besoins avec les équipes et la personne. J’essaye d’apporter des solutions qui limitent la situation de handicap ou amènent plus de confort dans la vie quotidienne. Nous retrouvons tout le matériel paramédical qui gravite autour de la personne, pour l’accompagner dans sa vie quotidienne comme par exemple le chariot douche, la chaise de wc adaptée, la chaise de douche, toute la sphère du fauteuil roulant et de l’installation dans le fauteuil roulant, et toute la sphère des transferts, et l’appareillage sur mesure comme les corsets sièges. Ce travail m’amène à collaborer avec de nombreux intervenants extérieurs, des commerciaux des différentes marques qui nous livrent du matériel, notamment pour les assises, les chaussures et les fauteuils roulants adaptés.
Mon intervention à l’Adapei se réalise en lien avec le Docteur Petit, Médecin physique.

>Vous êtes membre depuis 2021 de la Commission Polyhandicap. Quel est votre rôle ?
La commission polyhandicap est un projet en construction. On m’a proposé d’y participer.
Aujourd’hui je suis le réfèrent en ergothérapie sur de nombreux sites : Fam l’Espoir à Bonnefont, Mas  le Bosquet à Montastruc et Mas les Cimes à Lourdes (80% à Montastruc et Bonnefont, 20% à la Mas les Cimes).
Je coordonne un certain nombre de problématiques et j’essaye d’y répondre avec différents professionnels sur le terrain pour faire le relai avec les intervenants extérieurs et avec le médecin physique, le médecin généraliste et les infirmières.
Mon travail s’effectue en partenariat avec le Docteur Petit, les kinésithérapeutes sur site ainsi que des partenaires extérieurs qui interviennent pour des appareillages sur mesures (corset siège et les chaussures orthopédiques). Face aux besoins spécifiques des personnes accueillies dans nos structures, avec le Médecin Physique de Réadaptation (MPR) nous souhaiterions instaurer des temps pluridisciplinaires réflexifs permettant ainsi l’optimisation  des réponses apportées. Tout cela s’inscrit dans un projet global de Médecine Physique de Rééducation où la pratique de la télémédecine complète ce dispositif coordonné par Mme RAZAT MC, Responsable des soins, Chargée de mission SANTE au sein de l’Adapei. 

>Vous avez un projet de formation PRAP 2S (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique dans le secteur Sanitaire et MédicoSocial). Quel est la finalité pour l’Adapei ?
A l’extérieur de l’Adapei, je suis formateur en manutention pour SIFAM Formation. J’ai pour projet de passer la formation PRAP 2S (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique dans le secteur Sanitaire et MédicoSocial). Accrédité par l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), celle-ci me permettra d’être formateur en interne à l’Adapei et de développer de nouveaux projets de formations.

>Quelles sont les difficultés majeures que vous pouvez rencontrer au quotidien ?
Quand j’ai été formé en Belgique et que j’ai pris mon premier poste, tous les employés, à leur arrivée, devaient passer une formation de trois jours sur la communication non violente avec un spécialiste qui travaillait dans des camps de réfugiés et des prisons. Cela permet de mieux communiquer entre les équipes.
A l’Adapei, je travaille avec de nombreux intervenants et un problème à priori simple à résoudre peut parfois prendre des proportions complexes. Les points de crispation viennent souvent d’un manque de compréhension soit des usagers envers les équipes, soit des équipes envers les usagers, et soit des équipes entre elles. On gagnerait à avoir une communication plus saine. Il faudrait exprimer son désaccord et entendre celui des collègues dans la bienveillance. Le formateur nous avait appris que la première des violences est l’absence de communication.

>Comment apportez-vous votre expertise sur le terrain auprès des professionnels et des usagers ?
L’œil de l’expert est important pour l’accompagnement des personnes. Mais je pense que cette expertise est d’autant plus pertinente si elle sert d’appui et vient compléter le travail qui est réalisé au quotidien avec les professionnels du soin. Il faut que les équipes continuent à travailler avec les expertises qu’elles peuvent recevoir mais également que les métiers plus spécialisés apprennent à travailler davantage avec les professionnels de terrain et, évidemment, les personnes accompagnées.
J’essaye de garder une certaine humilité dans mon travail. Les équipes sont expertes dans le quotidien des personnes. Il faut travailler avec leurs connaissances du terrain.
Il faut aussi savoir travailler avec les frustrations et les enjeux relationnels de nos établissements.

>Avez-vous des projets d’évolution du poste dans les années à venir ?
Oui, je souhaiterai mailler une petite équipe pour réaliser des formations à la manutention, avoir des référents qui travaillent avec moi sur le terrain pour répondre à des enjeux de santé publique (prévention des troubles musculosquelettiques, etc.) et ainsi faire évoluer les pratiques pour accompagner les salariés au quotidien dans la prévention des risques liés à l’activité physique au travail et ses implications au quotidien.
Ce projet peut être transversal : si on réfléchit à la manutention, on peut aussi s’orienter vers les ESAT pour voir comment les personnes travaillent, quelles sont leurs postures, voir si le mobilier est adapté, voir si les travailleurs sont efficaces et s’ils ne se font pas mal dans leur pratique.


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