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Adapei des Hautes-Pyrénées
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Entretien avec Réda ABTOUCHE

Entretien avec Réda ABTOUCHE

Réda Abtouche est animateur d’ateliers artistiques à l’Adapei des Hautes-Pyrénées et metteur en scène de la Compagnie transfrontalière de marionnettes, composée d’acteurs de CADIS Huesca et de l’Adapei des Hautes-Pyrénées.

Son œuvre, "Yahto ou la Fleur Bleue" sera présentée au Festival de la créativité et du handicap Diversario 2020 en France.

Réda Abtouche a été interviewé lors de la deuxième répétition de la Compagnie transfrontalière de marionnettes, en janvier dernier à Llanos del Hospital (Huesca), à l’occasion de la dernière rencontre sportive et culturelle lancée dans le cadre du projet PYRHEQUAL.

Voici la traduction.

Le projet : Un spectacle artistique organisé dans le cadre du projet PYRHEQUAL, une coopération transfrontalière …

Il était important de faire une création commune. Nous voulions montrer que nous avions quelque chose que nous nous étions appropriés, en ayant un langage commun, en travaillant à partir de nos différences et aussi de nos difficultés.


Dès le départ, nous avons pensé que c’était une très belle idée, très intéressante aussi en raison du défi qu’elle représentait : une performance en deux langues, transmettre au public ce que nous voulons dire en espagnol et en français…

Avec cette action transfrontalière, nous aspirons à créer un vecteur de lien social et c’est ce que nous essayons de faire tout au long du projet.

L’œuvre : “Yahto ou la Fleur Bleue”

Tout d’abord, dire que c’est une œuvre originale. Nous l’avons pensée et l’avons écrite spécialement pour Diversario. Nous voulions une histoire qui nous parle des deux côtés de la frontière et sur un thème commun à l’Espagne et à la France. D’où l’idée de l’histoire de chacun de nos pays en exil, un exil que beaucoup ont connu. Et nous voulions adapter l’histoire pour un jeune public

La Compagnie.

Je ne peux pas encore dire comment les membres de la Compagnie sont, qui ils sont, : c’est tôt, c’est la deuxième fois que nous nous voyons. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a eu une rencontre, une rencontre avec la magie de l’être humain. La magie de la rencontre. Oui, je peux dire que la Compagnie existe. C’est magique, ça ne s’explique pas. Nous devions nous rencontrer avant d’arriver à la distribution des rôles.

Nous sommes six à former la Compagnie... L’important était que chacun connaisse l’histoire dans sa globalité et la comprenne, au-delà de son propre rôle. Et nous avons réalisé que chacun s’est très bien adapté à son rôle. Je vois qu’ils sont très réceptifs et que chacun se donne beaucoup. C’est le plus important : ils s’approprient tout. Parce qu’ils suggèrent, font des propositions.

L’utilisation des marionnettes me prouve qu’il y a une progression et qu’ils donnent beaucoup d’eux-mêmes. Parce que déjà aujourd’hui, à la fin de la matinée, j’ai vu qu’ils voulaient donner un sens à leur marionnette (il est difficile d’agir avec des marionnettes), je me suis rendu compte qu’il y avait une évolution au niveau technique et aussi au niveau du plaisir de se rencontrer… Et ça, c’est beaucoup.

Je suis très fier que cela se soit produit seulement au bout de deux fois que nous nous sommes réunis. Maintenant, ce qui est important c’est de prendre soin de cette rencontre, de cette magie, nous devons aller pas à pas. On se voit trois fois avant le festival. Mais chacun continuera de faire sa part dans son pays, et nous continuerons de travailler sur ce qui peut être fait séparément.

Objectifs de “Yahto ou la Fleur Bleue” :

C’est une action destinée aux jeunes, aux enfants, aux familles Ce que j’aimerais, c’est que les gens se posent des questions, que cela provoque une réflexion, un échange. Je voudrais que cette œuvre soit un instrument pédagogique pour que les gens s’interrogent. Par exemple : pourquoi le protagoniste est parti ? pourquoi ne peut-il plus parler ? Pourquoi sa couleur est-elle différente ? Le public doit se demander pourquoi Yahto a cette souffrance et pourquoi il y a des personnes qui ont dû quitter leur terre. Avec ce que nous voyons chaque jour, je pense que ce sont des questions très opportunes.

Ce que j’aime le plus, c’est que ce soient des personnes en situation de handicap qui prennent la parole et qui provoquent ce dialogue, parce qu’elles font elles-mêmes partie d’une minorité, d’un collectif menacé d’exclusion. C’est pourquoi je pense que c’est encore plus logique qu’ils le fassent.

>Lire l'interview original en espagnol

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