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Adapei des Hautes-Pyrénées
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Créatrice de bonheur

Café-Rencontre "Vieillir avec ou sans nous"

Café-Rencontre "Vieillir avec ou sans nous"

Qu’il est bon d’être écouté, d’écouter soi-même puis d’échanger et parfois de trouver des solutions ensemble. Surtout dans ce long chemin qu’est la vie d’un père ou d’une mère de personne en situation de handicap. Un chemin de vie un peu différent des autres, puisque l’autonomie d’une personne en situation de handicap n’est jamais acquise et toujours partielle. Dans ce contexte-là, la question de l’ « après moi que va-t-il devenir ?» est d’autant plus cruciale que l’Action Associative et Familiale ne pouvait l'éviter pour l'un de ces cafés-rencontre.


Des inquiétudes exprimées…
Il s’est déroulé à Tarbes, dans une salle de l’hôtel Brauhauban, en présence d’une cinquantaine de participants, sur le thème « Vieillir avec ou sans nous ». Le « nous » en question, ce sont les parents de personnes en situation de handicap psychique ou mental qui, avec l’âge, craignent  de ne plus être là pour accompagner leur enfant, vieillissant lui aussi. Ce moment privilégié d’expression a donné l’occasion d’entendre des parents et des adultes en situation de handicap partager leurs réflexions, leurs craintes et leurs envies. Bruno, par exemple, aime les nombreuses sorties culturelles où il va avec sa mère. Il craint qu’en groupe, ses envies ne soient pas respectées au profit de celles du plus grand nombre. A 50 ans, Philippe est également inquiet pour les nombreuses sorties qui font son quotidien, grâce à son père. Tous deux ont la chance d’avoir des envies, une appétence pour la vie, qu’il est important de nourrir longtemps encore.
… des solutions en germe…
Dominique, une maman, pose alors la question de savoir si on peut faire appel à un bénévole « quand la personne est en structure et qu’un éducateur ne peut se déplacer » ? Question à laquelle la présidente de l’Adapei des Hautes-Pyrénées, Evelyne Lucotte-Rougier, répond avec d’autant plus de plaisir qu’un groupe de travail va très bientôt voir le jour pour permettre ce type de bénévolat dans nos établissements. Un engagement fort nécessitant un cadre pour être pérenne et efficace.  Elle réaffirme également le rôle de l’association pour accompagner au plus près de leurs besoins les personnes et la confiance que les parents peuvent avoir dans « ce qui se fait dans nos établissements ». Et ce, d’autant que l’on peut exprimer sa parentalité et son amour que l’ « enfant » soit chez soi ou dans un établissement.
 … et la certitude d’être toujours un parent aimant.
Ils étaient une cinquantaine dans la salle, parents et grands enfants à être ainsi rassurés, d’autant que Bernard Duperrin, maître de conférences en sociologie, a étayé ce point de vue, de manière sociologique et ethnopsychiatrique. Durant  son allocution il a visé juste en abordant d’abord le sentiment de culpabilité que connaissent la plupart des mères à la naissance d’un enfant handicapé, et sa traduction en un engagement sans faille et sans limites que l’on s’impose durant la vie de cet enfant. Un dévouement normal et louable, qui freine néanmoins parfois l’autonomie de celui-ci, et avec lequel on s’épuise souvent, en s’oubliant soi et en l’étouffant lui. Souvent, en se disant « que deviendra-t-il sans moi ? » il faut alors se poser la question « Que deviendrai-je sans lui ? », quelle sera mon utilité en tant que parent ?  Après une vie passée ensemble, confier son enfant (quel que soit son âge) dans un établissement nécessite donc d’accepter de laisser progressivement la main à des professionnels. Ce qui n’est pas simple et nécessite souvent un travail sur soi et un questionnement sur son rôle de parent. Mais la démarche est d’autant plus nécessaire, qu’il est toujours bon de préparer un passage de relais, que l’on sait inéluctable. Le parent peut d’ailleurs participer activement à cet après « soi », en apportant la connaissance de son enfant aux professionnels qui assureront la suite. Bref, anticiper et assurer cette transition peut permettre de retrouver une utilité nouvelle, dans son rôle de parent. Cela peut se traduire également via la préparation du futur lieu de vie. Et qui de mieux qu’un parent saura placer les objets chers à la personne ? L’aidant ainsi à s’approprier les lieux, à en faire son chez lui pour le reste de ses jours.
Rien n’est facile mais tout est possible quand l’amour est là. Ce résumé trop succinct pour un après-midi si riche, nous invite à vous en proposer prochainement un compte rendu complet et détaillé.  

 


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