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Adapei des Hautes-Pyrénées
Adapei des Hautes-Pyrénées

Les aidants à l’honneur

Les aidants à l’honneur

La semaine dernière mettait à l’honneur les aidants au niveau National. L’Adapei des Hautes-Pyrénées et France Alzheimer65, toutes deux très concernées par cette thématique ont proposé un moment d’échange et de rencontre autour du documentaire de Gaël Chauvin : « Aidants, les héros sont fatigués » … Cet évènement s’inscrivait dans la « semaine départementale des aidants » coordonnée au niveau départemental par Florence Poletti.

Les aidants et l’Adapei                                                                  

A l’Adapei quand on pense « aidant » on pense d’emblée aux parents, frères, sœurs ou proches d’une personne handicapée mentale. Un rôle qui n’est pas choisi nécessitant du temps, de l’énergie et des compétences à acquérir, vaille que vaille.

Evelyne Lucotte-Rougier, présidente de l’Adapei rappelle à ce sujet qu’à « la naissance de son enfant, on devient maman ou papa. A l’annonce du handicap de son enfants, on devient coiffeur, pédicure, barbier, infirmier, etc… Et c’est là que l’on devient et que l’on se sent avant tout aidant ».

Si ce rôle s’impose et trace à lui tout seul un chemin de vie, il reste un chemin parcouru avec le cœur.

D’ailleurs, si l’Adapei des Hautes-Pyrénées s’est créée il y a 50 ans c’est parce que des aidants ont choisi de faire reconnaitre des droits à cet enfant qu’ils aimaient. Si l’Adapei des Hautes-Pyrénées s’est créé s’est pour se retrouver entre personnes partageant les mêmes embuches dans leurs parcours. Si l’Adapei a été créée c’est aussi pour trouver des solutions ensemble et fonder des établissements pouvant accompagner les personnes et offrir du répit aux aidants.

Ce dernier point est crucial. Oui, si le rôle d’aidant est un vrai travail d’accompagnement, il n’est jamais reconnu comme une activité professionnelle en tant que telle. Les « bureaux » sont pourtant ouverts 24heures sur 24 et 7 jours sur 7 ! Aucune convention collective, aucun droit du travail avec ses congés bien mérités ne sont offerts. Tout se gagne difficilement. Alors oui, les héros sont fatigués.

C’est pour cela que le temps d’un après-midi au moins, les aidants qui nous ont rejoints ont pu échanger, apprendre et se sentir reconnus.

Tout le travail de l’Adapei repose sur cette main tendue pour accompagner les personnes et leurs familles, ou aidants si vous préférez ! Sans parler, du travail accompli par nos assistantes sociales et par nos établissements mettant en place des séjours plus ou moins longs pour les aidés, et qui sont autant de moments de répit pour les aidants. Le travail mené par notre action associative et familiale est lui aussi tourné vers l’écoute et la mise en place d’espaces et de moments d’échanges, de partage et de loisirs. Que dire encore du travail mené dans la discrétion par des personnes comme Claudine Prat et Jean-Luc Madron qui ne cessent de parcourir bénévolement le département pour soutenir les familles dans les moments les plus durs ? Que dire ? Un grand merci et un grand bravo à toutes et tous !

Un après-midi constructif

Mais revenons au sujet de cet article : cet après-midi consacré aux aidants avec l’Adapei. Ou plutôt à ces deux après-midi, car un premier après-midi , plus intime, a d’abord été  consacré aux « jeunes aidants ». Des jeunes aidantes plus précisément, sœurs de personnes en situation de handicap. Elles ont pu échanger sur ce que ce travail d’aidante leur a apporté. A grandir plus tôt, la réponse est unanime. Une enfance faite de devoirs envers leurs frères et sœurs. Une vie d’enfants, d’adolescente et de jeune adulte pas comme les autres qui leur a beaucoup appris.

Le second après-midi se déroulait, comme le premier, au palais des congrès, gracieusement mis à disposition par la ville de Lourdes. Des élues se sont d’ailleurs jointes à nous pour l’occasion en la personne de Mme Madeleine Navarro, adjointe au maire de Lourdes en charge de la vie associative, des anciens combattants, et des affaires cultuelles, et de Mme Annette Cuq conseillère municipale.

L’association « France Alzheimer 65 » était représentée par sa présidente Mme. Sylvie Guillet et l’Adapei des Hautes-Pyrénées par sa présidente Evelyne Lucotte-Rougier accompagnée de Claudine de Truchis, administratrice en charge de l’action associative et familiale.

La diffusion du documentaire de Gaël Chauvin qui suivit les allocutions d’introduction méritait à elle seule le déplacement. Une capture sur le vif de ces moments d’aidants et d’aidés, difficiles et beaux à la fois, ou chacun a pu s’identifier.

Mais plus que cela, ce documentaire interroge sur le manque de reconnaissance subi par les aidants. Là encore, les personnes présentes ont malheureusement pu se reconnaitre. Néanmoins, le fait de voir ses propres maux à l’écran « rassure et montre qu’on n’est pas seuls dans cette galère » confiera une spectatrice en aparté.

 Heureusement, le film aborde aussi des pistes de solutions avec des ateliers et des formations mis en place un peu partout en France et des opérations pilotes comme les séjours aidants-aidés.

Et c’était bien là, dans les solutions à trouver que le débat qui suivit s’est placé. Le docteur Vabre à la fois aidant et médecin a pu distiller des conseils. Lui et d’autres parleront du besoin impérieux de ne pas oublier sa santé et de ne pas s’oublier tout court dans le sacerdoce que constitue le « travail » d’aidant. Il a été question comme dans le film de santé physique et psychologique.

Coté solutions, fort du constat et des demandes qui lui sont adressées Muriel Casamitjana propose aux résidents de la MAS Les Cimes et de l’IME des séjours qui sont autant de moments de répit pour les aidants. Pour les personnes simplement accueillis en accueil de jour elle note la difficulté à proposer des accueils avec simplement une nuit ou deux, par exemple lorsqu’un aidant doit se rendre à un mariage. Les solutions « bricolées » forment actuellement les seules réponses, parfois ça marche, mais ça ne peut être satisfaisant. Coté ateliers, France Alzheimer65 propose entre autres des groupes de paroles et de soutien animés par Carole Jouany, psychologue. Des moments bien utiles en plus des formations « financés par l’Etat » qui permettent d’avoir les bonnes attitudes et les bons réflexes. Des ateliers de créativité sont également proposés, animés par Catherine Laffaille. Ils ont la spécificité de rassembler les aidants et les aidés sur une même activité. Cela semble parfois incongru pour les aidants qui aimeraient avoir un temps pour eux, mais le résultat est là, et aidants comme aidés apprécient ces moments.

Nous vous proposons, en lien avec cet article, la transcription de l’ensemble des interventions ainsi qu’un lien vers le documentaire de Gaël Chauvin, pour que tous les aidants puissent accéder à cette mine d’information, même s’ils ne pouvaient se libérer cet après-midi là.


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